• Une orgie de madeleines en hiver...

    Une orgie de madeleines en hiver...

     

    Le ciel est gris. Les gens sont gris. Même le gris est gris. Aigri. Et pourtant, ce matin, un éclair de lumière a jailli, inattendu, inespéré. Je l'ai entrevu à travers le brouillard salé qui avait réussi à franchir le barrage de mes émotions. Sur l'étalage de la marchande de fruits et légumes, il y avait toute une palette de couleurs hors saison pour certaines. Des tomates grappes, des mangues, des poivrons, des champignons, des dattes fraîches, des carottes, des poireaux, des clémentines, etc... Tout un bouquet de saveurs prometteuses. Je venais faire mes emplettes de la semaine, et remercier la commerçante du cadeau qu'elle faisait à ses clients avec ses excellents produits.

    Je lui ai parlé du goût exquis de la grenade de la semaine dernière, qui avait la saveur délicate de celle que j'ai mangé pour la première fois chez ma grand-mère sur un coin de table en formica; de l'odeur parfumée des tomates grappes craquantes à souhait qui avaient éveillé en moi des souvenirs de jardin familial un soir d'été; de cette mangue si veloutée et juteuse qu'elle m'avait ramenée dans le quartier chinois de Toronto il y a presque vingt ans. Elles ont alors fait irruption comme ça, brouillant ma vue un court instant, juste celui de cligner des paupières et de les mêler à la pluie qui tombait goutte à goutte du parasol géant secoué par les rafales de vent doux au-dessus de l'étal.

    J'ai aimé le sourire de la marchande, ses dents perlant de joie d'entendre quelqu'un la féliciter des efforts fournis jour après jour pour s'approvisionner à gauche, à droite. Parfois bien loin, d'ailleurs. Ma mangue venait du Brésil, ma grenade des USA. Bilan carbone déplorable. Oui, je sais, mais je ne les aurais ratées pour rien au monde. Avoir encore une fois le goût velouté de tendres souvenirs sur le bout de la langue n'a pas de prix...

     

    Photo: le Jardinde Rabelais


  • Commentaires

    1
    Vendredi 1er Février 2013 à 18:30

    Coincidance, je lis ce "post" et immédiatement après, je lis le message d'un des blogs que je suis :

    "Le lecteur reste attaché à l’œuvre de Proust comme le narrateur lui-même à son passé. Il se la remémore à la faveur de sensations, de circonstances fortuites. Ainsi s’affirme la postérité d’une œuvre selon son principe même. Peut-être existe-t-elle encore plus conformément à sa loi dans ce second temps. Le livre qui se déplie dans notre mémoire inclura désormais aussi le souvenir de notre lecture et de celui que nous étions alors, dedans et au-dehors."

    http://l-autofictif.over-blog.com/article-1816-114931905.html


    Sale temps pour les cyclistes nantais !

    2
    Dorsi
    Lundi 11 Février 2013 à 11:32

    L'autre jour j'ai mangé une bonne mangue bien juteuse, quel plaisir. Je me suis gavée de Kaki aussi mais ça y est y'en a plus. Mais j'ai auss eu bcp de plaisir à manger une pomme Fudji !!!

    3
    Lundi 11 Février 2013 à 21:07

    Il y a des petits moments précieux comme ça, qu'il faut savoir ne pas laisser filer! :)

    4
    Lundi 25 Février 2013 à 13:41

    Celeen... Céline... Blaique... Bleck... pas de hasard...

     

    Bleck

    5
    Lundi 25 Février 2013 à 13:50

    Whaaaa! Bleck! The Bleck! Quel plaisir de te voir traîner tes guêtres dans ce petit coin reculé de la blogosphère! J'espère que tu vas bien! Merci de ton passage très sage...

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